Vaincre sa souffrance

Petite histoire de dragon

Il était une fois un brave chevalier. Sur son chemin, il entend un cri en lui. Alors, valeureux, il va voir dans ses profondeurs, à l’aventure. C’est éprouvant. Le chemin est difficilement accessible, dans la pénombre de lui-même. Il insiste et s’enfonce toujours un peu plus bas. Il s’approche. Quelque chose en lui ne veut pas lutter, il est fatigué de toujours se battre. Il s’approche tout de même, de plus en plus. Il entend au loin les cris d’un dragon… effrayé. Les cris mêlent grondements, rugissements et larmoiements aigus. Le battement des ailes résonne. Paniqué. Le chevalier se reprend et s’avance encore, par-delà sa peur. Il s’approche.

Il découvre le dragon, de dos.

Il s’approche, vainqueur de lui-même.

Il découvre le pauvre dragon pleurer d’une peine vive et profonde. Ce qui effrayait le chevalier n’était qu’un appel à être regardé : « délivre-moi… enfin tu es là, délivre-moi. »

Cette histoire touchante, c’est aussi celle que je constate souvent durant mes soins énergétiques. Alors qu’il me semble lever des entités effrayantes, rarement diaboliques, je vois apparaître aussitôt une souffrance proportionnelle à l’image a priori maléfique de la forme qui se montre. Celle-ci n’est que le gardien d’une souffrance indicible logée en nous. Elle témoigne de notre vulnérabilité et de notre sensbilité. Quel mal fait-elle à celui qui la porte et à son entourage pour si bien garder son secret et rendre notre personna-lité* intouchable… Quel paradoxe. Nous nous protégeons de ce que nous avons à voir en nous. Et si je file la métaphore, le dragon est dans la mythologie le gardien d’un trésor, ne serait-ce pas celui de notre humanité ? Être… humain.

Vaincre nos souffrances signifie alors les regarder, les accepter, les vivre.

*personna, “masque” en latin.

Cette histoire vient du mythe de Georges et le dragon. Je remercie Florian Leroy de me l’avoir contée une première fois, et la vie de me la faire expérimenter.